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COVID-19 : La CSI et ses partenaires lancent un appel à l’action urgente

Mis à jour : mars 23




La propagation rapide du virus SARS-CoV-2 et de la maladie au COVID-19 qui en découle exige de toute urgence une réponse mondiale en vue de protéger la santé et de stimuler l’économie. Les gouvernements et les employeurs doivent agir pour protéger les travailleurs et empêcher la transmission de la maladie dans les lieux de travail.

Le Fonds monétaire international (FMI) a averti que le COVID-19 est susceptible de provoquer un effondrement économique similaire à celui de la récession de 2008. Il est devenu évident que les gouvernements doivent agir de concert et au moyen des institutions multilatérales s’ils veulent raffermir l’économie et garder la population active au travail. L’économie mondiale a besoin d’une relance économique qui atteigne l’économie réelle, les travailleurs et les petites entreprises, et qui donne la priorité à l’emploi, aux moyens de subsistance et aux communautés. Il est essentiel de soutenir les revenus de tous les travailleurs, y compris ceux qui sont à temps partiel, les migrants, les non-résidents, les précaires, jusqu’aux plus mal lotis dans les « petits boulots » informels.

Les travailleurs sont en première ligne des impacts économiques, sociaux et sanitaires de la crise du coronavirus au COVID-19. Ne pas les protéger ne fera qu’accroître la vitesse de la propagation de la maladie. Il convient de prendre des dispositions spéciales pour étendre immédiatement le droit à un congé maladie rémunéré aux travailleurs qui n’en jouissent pas à l’heure actuelle, ainsi qu’en améliorer la portée là où il existe, tout en veillant à des conditions et modalités de travail qui confèrent une protection. Les travailleurs dont l’emploi est assujetti à des plateformes commerciales devraient avoir accès à une protection sociale et à des indemnités provenant de fonds financés par les plateformes commerciales elles-mêmes.

Le monde se heurte à une crise immédiate susceptible d’atteindre une envergure critique. La propagation du virus dans les pays les plus pauvres, où les infrastructures et les installations sanitaires sont inadéquates, pourrait avoir des répercussions catastrophiques sur des centaines de millions de personnes.

En outre, les tensions considérables que fait peser le COVID-19 sur les systèmes de santé vont probablement créer de nouveaux défis de santé publique. S’il est vrai que les travailleurs de tous les secteurs sont exposés aux risques, c’est sur les travailleurs de la santé et du secteur des soins que repose l’essentiel des efforts d’atténuation et de traitement. Dans de nombreux pays, le financement des soins de santé est insuffisant, ou bien des pans entiers de la population n’ont pas accès aux soins de santé, et même là où les systèmes de santé sont parmi les meilleurs, les répercussions du COVID-19 pourraient être accablantes. Cet aspect doit se retrouver au premier plan de la réponse mondiale à la pandémie. À mesure que l’impact du virus s’étend davantage, le dialogue entre syndicats, employeurs et gouvernement, tout comme la négociation collective, sont d’une importance vitale pour la protection de la santé des travailleurs et de leurs droits au travail. Les gouvernements doivent se montrer à la hauteur de l’enjeu pour contrer la crise dès aujourd’hui et se préparer à de futures crises concernant des maladies ou, mieux encore, les prévenir. Les travailleurs et leurs lieux de travail sont au cœur de cet enjeu.

Le Conseil des Global Unions (CGU), qui représente 200 millions de travailleurs du monde entier, exhorte les gouvernements à :

• Étendre immédiatement les droits à un congé maladie rémunéré, maintenir les revenus et étendre la protection sociale à tous les travailleurs, qu’ils relèvent de l’économie formelle, informelle, des « petits boulots » ou précaires, indépendamment de leur statut d’emploi :

• Mettre en œuvre des plans de relance au moyen de dépenses publiques visant à soutenir les emplois et l’économie, à protéger les salaires et le bien-être des travailleurs ainsi que des petites et moyennes entreprises ;

• Coopérer et interagir avec les institutions multilatérales et accroître l’aide aux pays qui ne sont pas à même de répondre aux menaces posées par le COVID-19, et veiller à ce que les institutions financières multilatérales évaluent les besoins nationaux et y répondent de manière appropriée.

Le CGU exhorte les employeurs à :

• Reconnaître les syndicats et négocier avec eux pour identifier les menaces à la santé, aux droits et au bien-être des travailleurs, puis élaborer et mettre en œuvre des réponses adaptées au lieu de travail ;

• Reconnaître et exercer leur obligation de s’occuper de tous les travailleurs de leur entreprise et de leur chaîne d’approvisionnement et maintenir des contrats avec leurs fournisseurs, en donnant la priorité, dans leur réponse à la menace posée par le COVID-19, aux droits et au bien-être de ces travailleurs ;

• Impliquer les représentants des travailleurs dans les procédures visant à identifier, prévenir, atténuer et tenir compte des menaces du COVID-19 ainsi que dans l’évaluation des réponses apportées par les employeurs comme par les gouvernements ;

• Faire en sorte que des mesures de protection et des plans de santé soient en place et respectés scrupuleusement ;

• Protéger les rémunérations et la totalité du salaire pour tous les travailleurs par divers moyens, convenus réciproquement dans le cadre de la négociation collective ;

• Garantir un congé rémunéré, sous forme d’indemnité pour maladie ou de congé payé, dès le premier jour d’absence, pour tout travailleur menacé ou infecté par le COVID-19 ;

• Mettre sur pied des fonds de compensation pour tous les travailleurs, y compris dans les formes d’emploi ou avec des contrats atypiques, qui se trouveraient affectés négativement par le COVID-19 et les réponses qui y sont apportées ;

• Proposer à tous les travailleurs des lieux et des modalités de travail adaptés et responsables.

Il convient de permettre à tous les travailleurs, si nécessaire, de se faire tester gratuitement et de leur proposer un traitement, des formations, des équipements et des installations pour des formations, en particulier s’ils sont prestataires de services médicaux. Il convient d’accorder une attention spéciale aux travailleurs migrants, dont un grand nombre est particulièrement vulnérable. La vie privée et les données personnelles des travailleurs doivent être protégées lorsqu’ils passent des tests et examens médicaux ou autres dans le cadre des réponses à la menace posée par le COVID-19. Les travailleurs doivent avoir la possibilité de retourner à leur lieu de travail habituel dès que cela sera possible dans la pratique, si les mesures d’endiguement locales et/ou nationales les empêchent de le faire, du point de vue financier ou logistique.


file:///C:/Users/AHLI/Downloads/cgu_joint_statement_-_workers_rights_welfare_covid-19-fr.pdf

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