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Ensemble aux Nations Unies pour mettre fin à toutes les violences subies dans le monde du travail !


Une norme internationale sur les diverses violences et harcèlements subies au travail ? « Nous la voulons ! » C’est le cri scandé par tous : États, employeurs ainsi que travailleurs qui négocient ensemble du 29 mai au 8 juin 2018 à l’occasion de la 107ème Conférence Internationale du Travail qui se déroule à Genève au Nations Unies. Pourtant, les discussions tripartites ne se déroulent pas aussi facilement qu’espéré.

Des employeurs frileux

Les employeurs ont tout de suite montré leurs réticences à l’idée d’adopter une nouvelle réglementation, en particulier s’ils risquent d’être tenus responsables de la violence et des intimidations infligées, pas seulement sur le lieu de travail, mais également dans le cadre d’activités connexes: déplacements entre le domicile et le lieu de travail, fêtes d’entreprise ou intimidations subies de la part de clients et autres tiers.

Le débat sur ce que recouvrent les notions de violence et d’harcèlement est également clivant. La recherche d’une définition sur ces termes, la définition sur ce qu’est un employeur et un travailleur mais également la définition des lieux où peuvent subvenir ces violences ont occupé quatre jours des travaux de la commission et ont ralenti considérablement les débats.

Est-il désormais interdit d’adresser un compliment ? Entendons-nous sanctionner toute personne qui complimente quelqu’un sur sa jolie tenue ? Ce sont quelques-unes des préoccupations mises en avant par les employeurs lors des discussions.

Quoi qu’il en soit, il importait pour les travailleurs que la définition recouvre tant les formes physiques que psychologiques de violence et d’harcèlement, que la violence ou le harcèlement de nature sexiste et sexuel à l’égard des femmes, des homosexuels, des transgenres ou de qui que ce soit. Ce qui a été finalement accepté.

En route vers une convention internationale !

Les employeurs se sont montrés extrêmement habiles tout au long des négociations. Ils n’ont pas raté la moindre occasion de souligner l’importance de cette problématique à leurs yeux, sans pour autant se priver de susciter la controverse. Suffisamment pour contraindre les 187 États présents à vérifier scrupuleusement le texte proposé à de nombreuses reprises avec leurs pratiques ou lois nationales au cours de longues discussions qui se sont déroulées jusqu’à tard dans la nuit.

Quelques témoignages dans cette vidéo

Les travailleurs n’ont eu d’autres choix que de camper sur leurs positions afin de préserver le texte de base proposé par le Bureau International du Travail. Les syndicats et les nombreuses ONG présentes, notamment WSM-Solidarité Mondiale et plusieurs partenaires du Sud[1] ont fait pression pour convaincre un maximum d’Etats à aller dans le sens d’une réglementation contraignante.

Et avec succès !

L’idée d’adopter une convention a été approuvée, avec une majorité écrasante d’États qui ont soutenu l’élaboration d’une convention (de nature obligatoire) complétée par une recommandation, instrument qui a davantage comme rôle de fournir des indications et conseils technique pour l’application de la convention.

Le chemin est encore long ! Les négociations continueront en juin 2019, avec à la clé, nous l’espérons tous, l’adoption de ces instruments internationaux visant enfin à mettre totalement fin à ces violences inacceptables.

Gijs Justaert et Santiago Fischer

WSM-Solidarité Mondiale

[1] National Domestic Workers (Inde), KSBSI (Indonésie), Marcha Mundial de Mujeres (Amérique Latine), Jeunesse Ouvrières Chrétienne (Amérique Latine), CASC (République Dominicaine)

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